Lundi 11 juillet 2005. Une journée européenne.

Ce sont des scènes violentes auxquelles le public assiste ce soir (viols à répétition, scène de sexe brutales, sang,…). Tout se passe dans un hôtel en guerre à Leeds entre un journaliste et sa jeune amante…accompagné plus tard par un soldat sanguinaire. L’allusion à la guerre en Serbie est à peine voilée (le texte date de 1995). Les artistes sont magnifiques mais un processus manque pour qu’une prise de conscience politique s’opère chez le public. 24h après, je n’ai toujours pas trouvé la signification de ce manque ; j’ai le sentiment qu’Ostermeier n’est pas allé jusqu’au bout. Mais au bout de quoi ?
Dès la fin du spectacle, j’entame un débat avec ma jeune voisine. Elle ne voit pas de message politique ; l’Europe n’est pas capable d’une guerre semblable ! Elle a voté « non » au référendum…J’insiste en précisant que l’Europe s’est construite sur la paix… cet équilibre est fragile… cette jeune étudiante ne voit pas tout cela…
Je prends un coup de vieux que personne ne remarque. Maudit Festival !
10 ans après…Bravo à l’équipe du Festival de nous aider à prendre un peu de hauteur au moment même où, profitant des attentats de Londres, les pouvoirs publics relayés par des médias complaisants limitent nos libertés fondamentales.